L’Afrique produit environ 70 % du cacao mondial. Pourtant, ce ne sont pas les pays africains qui dominent l’industrie mondiale du chocolat. C’est tout le paradoxe des matières premières. Produire du cacao, du coton ou du pétrole ne représente qu’une partie de la valeur finale. Une grande partie se crée ensuite : transformation, fabrication, marque, distribution et vente. Résultat : de nombreux pays africains exportent une matière première à faible valeur ajoutée, puis importent des produits transformés beaucoup plus chers. La Côte d’Ivoire et le Ghana illustrent particulièrement bien cet enjeu : ensemble, ils produisent plus de la moitié du cacao mondial, mais une grande partie de la transformation et de la valeur du chocolat est encore captée ailleurs. Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de produire davantage. C’est de capturer davantage de valeur entre la matière première et le produit fini.
Cacao : l'Afrique cultive, le monde occidental encaisse
Premiers producteurs mondiaux de fèves de cacao, les pays africains restent largement exclus de la chaîne de valeur du chocolat — une asymétrie structurelle qui coûte des milliards au continent.